6 February 2026
Il est établi depuis longtemps que le climat d’entreprise et l’ouverture au sein de l’organisation, en particulier la qualité des contacts et des liens avec les collègues, la ligne hiérarchique et l’employeur pendant la période d’incapacité de travail constituent des facteurs déterminants pour une réintégration fluide et réussie. Plus le silence radio entre l’employeur et le travailleur en incapacité de travail se prolonge, plus la réintégration devient difficile.
L’Arrêté Royal du 17 décembre 2025 constitue dès lors une étape importante dans l’évolution du cadre légal belge relatif à la réintégration des travailleurs en incapacité de travail. Parmi les nouveautés introduites, une obligation particulière retient l’attention des employeurs: le maintien de contact structuré entre l’employeur et le travailleur en incapacité de travail.

Jusqu’à présent, la période d’incapacité de travail pouvait parfois s’accompagner d’une rupture de communication entre le travailleur et son entreprise, laissant place à un isolement progressif et à une perte de repères professionnels. Le nouvel arrêté vise précisément à éviter cette situation en imposant une démarche proactive : l’employeur doit désormais veiller à maintenir un contact régulier avec le travailleur absent pour cause de maladie.
Cette démarche s’inscrit par ailleurs dans une politique d’absentéisme plus large.
Cette obligation ne doit en aucun cas être interprétée comme une forme de contrôle ou de pression à l’égard du travailleur en incapacité de travail. Bien au contraire, elle a pour objectif d’offrir un soutien au travailleur durant cette période et, le cas échéant, de discuter et de préparer une reprise du travail avec ou sans adaptations du poste, dans un travail adapté ou dans une autre fonction
Le maintien de contact poursuit plusieurs objectifs essentiels :
Cette obligation constitue donc un outil de prévention visant à limiter la durée de l’incapacité de travail et à favoriser ainsi les chances de réintégration, lesquelles tombent à moins de 50 % après trois mois.

Les contacts entre l’employeur et le travailleur doivent rester strictement respectueux du cadre médical et du secret professionnel, tout en s’adaptant en permanence au rythme du travailleur. Il ne s’agit en aucun cas de questionner le diagnostic ou la durée exacte de l’incapacité, ou de vérifier si l’absence du travailleur est justifiée mais bien de maintenir une relation professionnelle ouverte et bienveillante.
Cette nouvelle obligation implique également une adaptation des pratiques internes au sein des entreprises. Il est dès lors nécessaire de mettre à jour le règlement de travail et d’y intégrer la procédure relative au maintien du contact avec les travailleurs en incapacité de travail. Cette procédure doit préciser :
L’adaptation du règlement de travail permet non seulement de se conformer à la nouvelle législation, mais aussi de garantir une transparence pour l’ensemble des travailleurs.
Pour toutes questions complémentaires à ce sujet, n’hésitez pas à prendre contact avec votre conseiller en prévention – médecin du travail Cohezio pour vous accompagner dans l’adaptation de votre règlement de travail.
Le médecin du travail et conseiller en prévention-aspects psychosociaux jouent un rôle important dans cette dynamique. Ils peuvent accompagner l’employeur dans la mise en œuvre de cette obligation, conseiller sur les bonnes pratiques de communication et intervenir dans l’évaluation des possibilités de reprise ou d’aménagement du poste de travail.
Le conseiller en prévention en aspects psychosociaux peut également être sollicité afin de soutenir le maintien de contact lorsque l’incapacité de travail est liée à des facteurs psychiques ou organisationnels, ou lorsque la communication entre l’employeur et le travailleur s’avère délicate. Son intervention permet de prévenir les risques psychosociaux et de favoriser un dialogue respectueux.
Avec l’Arrêté Royal du 17 décembre 2025, la réintégration ne se limite plus à une procédure administrative déclenchée après plusieurs mois d’absence. Elle devient un processus continu, où le maintien de contact entre employeur et travailleur malade constitue un pilier fondamental. En renforçant ce lien, le législateur entend favoriser une reprise du travail plus humaine, plus précoce et mieux adaptée, tout en incitant les entreprises à structurer leurs politiques internes d’absentéisme, notamment via l’adaptation du règlement de travail.