6 February 2026
Chaque année, le mois du ramadan concerne une partie des travailleurs présents dans les entreprises belges. Cette période, marquée par le jeûne pratiqué du lever au coucher du soleil, est avant tout un temps de spiritualité, de recentrage et de réflexion personnelle.
Dans le monde du travail, elle soulève aussi des questions très concrètes : bien‑être, sécurité, organisation et vivre‑ensemble.
Meriem Zekhnini, conseiller en prévention – médecin du travail, nous confie : « Chez Cohezio, nous sommes convaincus que le ramadan ne doit pas être abordé de manière uniforme ou théorique. Il constitue au contraire une opportunité de renforcer le dialogue social, d’adapter l’organisation du travail au cas par cas, et de promouvoir une culture d’entreprise inclusive, attentive aux réalités humaines et aux ressentis individuels. »
Le ramadan implique, pour certaines personnes, de s’abstenir de manger et de boire pendant la journée pendant une période de 29 à 30 jours. Ses effets peuvent varier fortement d’un individu à l’autre, en fonction de l’état de santé, de l’expérience du jeûne, de l’âge ou encore du type de travail exercé.
Il est important de rappeler que :
Dans l’environnement professionnel, l’enjeu n’est donc pas religieux, mais bien lié à la prévention des risques, à la sécurité au travail et au bien être collectif, en tenant compte des situations individuelles.
Le jeûne modifie temporairement les rythmes biologiques : sommeil parfois plus fragmenté, alimentation concentrée le soir et hydratation différée. Si certaines personnes ne ressentent aucun impact particulier, d’autres peuvent constater, selon leur ressenti et leur situation:
Ces effets ne sont ni systématiques ni automatiques. Ils peuvent toutefois dans certains cas devenir des facteurs de risque dans certains secteurs où la vigilance et la réactivité sont essentielles (industrie, construction, logistique, transports, Horeca, soins de santé…).
Du point de vue de la prévention, le ramadan peut être considéré comme un facteur temporaire, parmi d’autres, au même titre que la chaleur, le travail de nuit ou les pics d’activité.
L’objectif n’est pas de généraliser ni de stigmatiser, mais d’anticiper lorsque le ressenti individuel le justifie.
Dans le cas où un travailleur se sent plus fatigué ou moins vigilant, des ajustements simples et proportionnés peuvent être envisagés :
Meriem Zekhnini, conseiller en prévention, médecin du travail nous rappelle que l’analyse des risques reste centrale et doit s’appuyer sur le dialogue, l’observation des postes et, si nécessaire, l’accompagnement du conseiller en prévention ou du médecin du travail.
Au delà des aspects organisationnels, le ramadan peut aussi influencer le climat d’équipe. Des incompréhensions ou maladresses peuvent apparaître si le sujet n’est pas abordé avec respect et nuance.
Un environnement de travail serein repose sur:
Certaines entreprises choisissent même d’organiser, en soirée, des moments de partage comme un iftar collectif (repas de rupture du jeûne pris après le coucher du soleil), symbole d’ouverture et de cohésion. Ces initiatives, lorsqu’elles sont volontaires, peuvent renforcer la cohésion et donner du sens aux valeurs humaines de l’entreprise.



En privilégiant l’anticipation, le dialogue et l’adaptation , les entreprises créent un environnement où sécurité, respect et efficacité coexistent durablement.
Accompagner le ramadan au travail, ce n’est pas appliquer une règle unique, mais reconnaître les réalités individuelles et renforcer une culture d’entreprise plus humaine, aujourd’hui comme demain.
Article en collaboration avec Meriem Zekhnini, Conseiller en prévention – médecin du travail Cohezio à Bruxelles.